Toujours ce chant qui, partout et quelques soit mes activités, me suis. Je l'entends, je le sent, il m'obnubile, me trouble et en même temps, m'hypnotise...
La première fois qu'il m'est arrivé aux oreilles, je devais avoir une quinzaine d'années. Le vent s'engouffrant dans le squelette de mon arrêt de bus provoquait un son, un sifflement entêtant qui planait au dessus de mon être tel un chant religieux.
Malgré le fait que la provenance de ce bruit n'ai jamais rien eu de « mystique », je ne puis m'empêcher d'être...impressionné par la douceur de ce chant.
Il s'infiltre dans votre esprit et y annihile tout problème sur l'instant, vous empêchant de penser, de réfléchir.
Au début, je ne l'entendait que sous cet arrêt de bus, à sa provenance directe. Mais petit à petit, chaque fois que mes yeux étaient clos, le chant de l'ennui était là, présent. Il m'accompagne tel un spectre sonore, me hantant jusque dans mon lit le soir.
Il m'arrive parfois d'y entendre des voix...les voix suppliantes d'un monde en perditions quémandant de l'aide à qui veut bien l'entendre. Mais je n'y prends pas garde, me disant simplement que ce doit être mon imagination...mais au fonds de moi, je sais qu'elles sont vraies, que je ne suis pas fou.
Quand on écoute bien ce chant tragique, on peut y entendre des pleurs, des gémissements, des appels...on peut les ignorer comme je l'ai fais mais cela nous suis, nous hante alors pour que l'on oublis pas...pour que l'on n'oublis pas le chant de l'ennui.
Pour bien nous signifier qu'un jour, nous ferons partis de ce chant.
Que nous ferons partis de cette plainte interminable qui est un appel à l'aide.
Millier d'âmes damnées qui ne demande qu'une oreille attentive a leur supplication mais qui jamais ne l'obtiennent...
Peut être un jour m'entendrez vous parmi ces voix
Peut être un jour vous souviendrez vous de ce texte et alors, vous écouterez...vous entendrez et vous aurez pitié.
Le russe.
